Une chambre noire rue Berbisey
En 2009, Pierre Dubois tirait ses épreuves dans une cave de la rue Berbisey. La lampe rouge chauffait trop.
Il était assistant dans un laboratoire du centre-ville, et il voyait défiler des portraits de famille que personne ne retouchait vraiment, faute de temps, faute de main, faute d'envie de s'y attarder après une journée de commandes. Claire Bernard, elle, tirait des plans d'architecture pour un bureau installé près des Halles.
Elle proposa de partager un local. Le bail du 131 boulevard Saint-Martin fut signé le 4 mars 2010, pour 780 euros par mois hors charges, avec un dépôt de garantie de deux mois. Le studio ouvrit avec un boîtier, deux flashs de studio achetés d'occasion à un photographe partant pour Lyon, et un fond gris de trois mètres. Pas d'enseigne lumineuse. Pas de slogan peint sur la vitrine. Les premières semaines, Pierre Dubois photographia les commerçants de la place Émile-Zola, puis des familles de Montchapet venues pour des portraits d'enfants, et la clientèle s'est faite par bouche-à-oreille, sans affichage ni campagne.
Damolicmira SASU exploite toujours ce local, sans succursale, sans atelier ailleurs. L'adresse n'a pas bougé depuis l'ouverture.
Ce que le studio refuse de prendre
Une part du travail courant d'un photographe dijonnais n'entre pas ici. Ce n'est pas un caprice.
Le studio ne photographie pas de véhicules pour un usage commercial, ne touche pas aux installations électriques, aux circuits frigorifiques, ni à la structure des bâtiments. Il ne traite pas les nuisibles et n'applique aucun produit biocide. Ces refus ont une origine précise : en 2013, un garagiste de la route de Beaune demanda une série de clichés techniques sur des ponts élévateurs, avec éclairage au sol. Pierre Dubois a dit non le jour même, parce qu'il ne savait pas sécuriser un atelier en activité et qu'il n'allait pas apprendre sur le dos d'un client.
Aucun conseil juridique, aucun accompagnement financier, aucun service médical, aucune formation. Un photographe reste un photographe.
Quand une demande sort de ce cadre, elle est réorientée vers quelqu'un dont c'est le métier, et la conversation s'arrête là. Le studio ne revendique ni agrément, ni numéro de licence, ni adhésion à un organisme professionnel. Il n'en a pas.
Trois personnes, pas une de plus
Trois personnes font tourner la maison, et c'est un choix tenu depuis le premier bail. Pierre Dubois s'occupe de l'administration, des devis, des plannings et des fichiers livrés. Claire Bernard prend les travaux de prise de vue et de retouche, du portrait au packshot. Antoine Mercier gère les achats, le papier, les encadrements, les consommables et les livraisons vers les communes autour de Dijon. Personne d'autre ne travaille ici.
Un renfort ponctuel peut venir sur un mariage, jamais sur une séance famille réservée en semaine. Les clients savent qui va les recevoir, qui va déclencher, et à qui ils parleront au téléphone.
Le studio ouvre du lundi au vendredi de 9h00 à 18h00, le samedi de 9h00 à 13h00, et reste fermé le dimanche. Les séances ont souvent lieu le matin, quand la lumière du boulevard est encore douce.
Claire Bernard a photographié en 2019 une famille de Quetigny pendant quatre heures, un dimanche après-midi de septembre, avec un chien qui refusait de rester assis plus de dix secondes. La séance a été reprise quinze jours plus tard, à la même heure, sans supplément, parce que trois personnes qui tiennent le planning peuvent décider ce genre de chose vite. Antoine Mercier a négocié en 2021 un contrat de papier baryté avec un fournisseur de Longvic, à environ 0,85 euro la feuille en A3. Le tarif n'a pas bougé.
Les tirages fins restent disponibles sans supplément caché.
Dijon comme terrain de travail
Le studio travaille dans toute la ville et dans une couronne qui va de Chenôve à Saint-Apollinaire, en passant par Fontaine-lès-Dijon et Talant. Les séances extérieures se font souvent au parc de la Colombière, sur les marches du palais des ducs, ou le long du canal entre le port du canal et le lac Kir. Des entreprises de la zone de la Toison d'or commandent des portraits de dirigeants et des vues de locaux. Des artisans du quartier des Antiquaires viennent pour des photos de pièces uniques. Les écoles ne sont pas clientes, et le studio ne propose aucun service éducatif.
Un dossier de mariage ou un reportage de trois heures se prépare avec un repérage sur place, une semaine avant, s'il reste de la place au planning. Le tarif est annoncé avant la réservation, sans commission cachée sur les tirages.
Le studio n'a jamais démarché par téléphone des particuliers de l'agglomération. Les demandes arrivent par le site damolicmira.click, par téléphone au 03 65 14 03 06, ou par courriel à [email protected]. Une réponse part sous un à trois jours ouvrés, parfois plus en pleine période de fêtes.
Ce que le studio ne fait pas de plus
Il n'y a pas de blog, pas de carnet, pas de section d'actualités sur le site. Les pages décrivent le studio, ses méthodes et ses travaux. Les lecteurs n'y trouveront ni article de fond, ni journal de bord, ni promesse de nouveauté.
Le studio ne promet aucun résultat, aucun revenu, aucune embauche. Il ne garantit pas qu'un portrait plaira, ni qu'un packshot fera vendre un produit. Aucun compte à rebours n'apparaît sur les pages, aucune place limitée, aucune offre qui se termine à minuit. Les délais annoncés sont réels, et les tarifs tiennent jusqu'au devis signé.
Pour une demande qui touche à la santé, au droit, aux finances ou à l'enseignement, il faut s'adresser ailleurs. Ici, on cadre, on éclaire, on retouche et on imprime. C'est un métier assez large pour occuper trois personnes à Dijon depuis 2010, et assez précis pour être expliqué simplement.